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CHARLEMAGNE IX

J’ai souffert ces 2 derniers jours de léthargie boulimique.
J’aurais tant aimé être quelqu’un d’autre que celui que je suis vraiment, ou autre que celui que je pensais être.
Quoiqu’il en soit, rien qu’hier j’ai mangé des Frosties au lait, 2 mini Snyckers, 4 portions de chocolat au Spéculoos, 1 gaufre au sucre, 1 morceau de viande, du riz sauté aux légumes et de la salade, ainsi qu’un yaourt bourré de cuillères à soupe bourrées de cassonade, la moitié du saucisson milanais, 1 épaisse tranche de pain, 5 ou 6 gros cornichons, une sucette sur un bois et Libero a fini par me donner une langue de chat.
Pour m’accompagner dans ce délire vomitif dompté, 1 bière de 25 cl, à peine pour toute la journée.
Savoir le nombre d’heures passées devant l’écran d’ordinateur à me mater émissions et longs métrages en streaming : de 7h30 à 23h00 avec interruption entre 12h15 et 12h30 afin de satisfaire les obligations culinaires familiales.
Essayer de nommer ces visions passives, léthargiques :
-    Dh les sports
-    Studio 1
-    Question à la une : « La crise politique de la Belgique vue de l’extérieur »
-    Terreur
-    Brothers
-    Les ruines
-    L’heure 0
-    Max & Marie font un porno
-   
Peut-être en manque-t-il un ?

Je ne suis pas très fier de ces excès de néothonie.
Je me sens circonspect de n’être que cette fiente de litanie.
Dans mon lit, je ne le fais exprès, je m’administre le jacquet tendu pour, en solitaire, assouvir un besoin de croire atteindre le plaisir journalier.
Je ne suis pas très fier de rejeter mon fils comme je l’ai fait, comme lui, je pensais, faisait avec moi. Je ne m’y prends pas bien mais sa mère, entre elle et lui, ne me laisse beaucoup de place. Et cela finit par m’arranger.
Je ne comprends pas bien mon attitude.
Je suis comme attiré par une force de changement, ce que certains appelleraient une force autodestructrice.

J’aimerais pouvoir avoir la possibilité de changer de vie.
Abandonner la vie de famille, la monotonie de l’habitude.
J’aimerais pouvoir avoir la force de rencontrer des gens, des femmes différentes et n’avoir peur de les toucher et de me laisser toucher par les grâces du plaisir oral, anal, mental au bois de santal.

Je ne comprends pas l’impact qui me conduit à me tenir à ma vie stable et à la remettre en question par une dépression chronique de léthargie boulimique où ma seule impression est d’avoir conscience de me polluer l’esprit mais de m’y contraindre quand même.

Pendant ces moments, je me dis « Allez, c’est pas grave. Demain je ferai du sport et de la méditation. Demain j’arrêterai de fumer. »

Aujourd’hui, j’écris ce journal. Ce n’est pas plus mal.
Et puis j’aime vraiment mon boulot. Il me structure.
Ma femme et mon fils, pas du tout ?
Même si les véritables raisons de mon mal-être sont ailleurs, je considère ma famille comme souffre-douleur… de la même manière que la manière dont ma mère me considérait ???

Les vrais raisons se trouvent être dans la surcharge de travail que je m’inflige à prévoir,

celle pour laquelle je me déclare être capable de pouvoir réaliser,
celle dans laquelle je dis m’engager  vis-à-vis de personnes et pour moi-même
celle sur laquelle je stresse car ai peur de ne pas savoir m’y prendre en me perdant dans un méandre labyrinthique de voies informatives au travers desquelles je perds pieds.

De plus, ma paresse et ma petite mémoire ne me permettent plus de prendre ne fut-ce qu’un minuscule plaisir à l’étude,

tant je n’ai pas conscience du mon savoir et pouvoir appliqués.


Savoir pouvoir situer ses limites ? Vivre au temps présents/instants & lieux en congruence avec son soi était mon secret.
Se savoir n’être pas capable de faire Tout tout seul, voilà le complément que j’ai appris en traversant cette crise…


Qu’on ne peut faire tout (…) TOUT SEUL.

Besoin d’une équipe pour partager ses ressources, et surtout les utiliser dans le bon escient de chacun.

Je ne suis qu’un élément du Tout, du Tao.
Ma place est là où je donne le meilleur de moi-même en attendant le Rien en retour.

Beaucoup de dés-illusions m’ont atteint ces 4-5 dernières semaines. Il serait facile de les nommer mais le principal reste d’avoir pu ce matin comprendre, relativiser et valoriser l’impact de ces 4-5 dernières semaines.

Ne faire les choses que pour nous.

Le CPAS et les 2 groupes de travail :
Un professionnel, l’autre citoyen.
    Pour eux je dois me lâcher, délaisser la pression et prendre du plaisir à passer du temps avec eux.

Je dois agir par le non-agir ;
Juste récolter et proposer…
Point enseigner/Point commander
Ni à moi-même.
                                           STP !!!



Ans, « Salle de bain », 6h42, lundi 14 -03-2011

 

 

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