La confiance en le chemin est une chose qui s’acquiert tout comme l’humilité pour le pèlerin.
Le voir, lui déjà si pressé, chaman préférant la ligne droite polluée par le goudron des routes et les infernales rumeurs et odeurs des machines à vapeur, me laisse empli de doute qu’un objectif comme le sien soit spirituel.
En effet, sentiers battus de terre, chemins naturels ancrés au sein des forêts, foulés par d’innombrables insectes, animaux et autres quiétudes humaines, parsemés d’êtres végétaux enseignant l’art méditatif ; se retrouver âme et esprit est leur enseignement.
Le chant des oiseaux ne vaut-il pas la peine d’un détour, d’un ralentissement de la cadence, d’un poids sain et naturel supplémentaire agréé par les pentes, certes parfois ardues, de ses montées et de ses descentes ?
Tel est tout le moins mon ambition.
N’avoir sur le dos que le nécessaire, me soustraire des commodités citadines telles que pharmacie, vitamines chimiques, trousse de toilette et de pédicure, etc, etc…
Avoir avec soi une couverture, une tenue propre, un sac de couchage, un couteau, une maison simple. Croire en la bon âme des passants, des riverains qui sur le chemin sont présents pour aider le pèlerin.
Telle est la confiance.
Telle est l’absence d’ego.
Tel est le lâcher prise.
Tel sera mon emblème.
Il ne sert pas de vouloir dompter le chemin car lui seul nous façonnera ; en mieux ou en moins bien.
Tel est l’esprit dont nous devons prendre garde.
Car démons et anges sont assis à la même table ;
Aux mets les plus fins se confondent les fientes du diable.
Stree, « Crucifix St-Roch en stèle, tenue de pèlerin », 12h00, vendredi 11-03-2011