Il est 19 heures.
A., je pleure de bonheur. En ton doux sein, la démence me prend. Je ne peux me retenir d'être entièrement moi. Pour le meilleur et pour le pire. Ce pire qui toute ma vie m'a envenimé, est pourtant,
bientôt prêt à se rétracter complètement.
Cela fait déjà, maintenant,
des années à contempler presqu'insidieusement,
les ravages dans ma pensée.
Aujourd'hui je suis sûr d'avoir la force de les contrôler.
Mais c'est un combat,
un combat de tous les jours.
J'ai besoin de toi pour le détruire, l'anéantir dans le béant gouffre de l'amour.
J'y veux sauter avec toi,
non pour nous tuer, mais bien pour rêver, rêver toujours ,
et ainsi surclasser les prémisses d'une société décadente.
Résister ;
rêver à son salut, juste embellir le monde de notre présence.
Se rencontrer,
ne jamais s'attarder,
vivre en nomade,
s'accoupler à l'expérience,
Toi et Moi dans un écrin pourfendant la vague de la mer en furie,
l'existence.
« À tes stances, cendres éternelles, je veux me parfumer,
brûler,
brûler toujours
et réchauffer les gens qui m'entourent.
Je veux t'écouter m'écouter en toi,
je veux m'écouter t'écouter en moi,
je veux me dédoubler
et être heureux dans ton dédoublement,
te rendre heureuse dans mon dédoublement. »
***
Acclamer jusqu'à se pâmer d'insolence
Surfer sur les flots de la dithyrambe
Et ramper sous les dissonances
Pour les enculer dans la transparence.
Le monde est moins pourri depuis que je te connais.
Il a peut-être une chance d'entendre sa mère nature et son père esprit
se conscientiser dans l'individualité de sa personnalité
et construire une collectivité
ANARCHIQUE.
Utopie ou rêve, ne veut dire irréalité.
Plutôt autre réalité.
La nuit passée, en dormant comme un clodo, je pensai la liberté d'investir les lieux d'une ville,
d'un village,
d'une terre,
par la propriété de son sommeil.
Une facette de liberté inconnue,
car conditionnée dans une seule réalité,
celle du CLODO.
Comment ne pas, me disais-je, profiter de cet extase en le partageant ?
Comment se fait-il que les gens ne peuvent rencontrer différentes réalités ?
Pourquoi donc ont-ils besoin d'une pensée unique ?
PARCE QU'ILS SONT PASSIONNÉS !!!
Tellement aveuglés,
soit par l'alcool ou la drogue
soit par le confort et la sécurité,
TOUS ne peuvent se rendre compte que la réalité n'est que MULTIPLE,
et ce faisant, ne peuvent se rendre compte des différentes formes de libertés qui se trouvent dans la réalité. (qui pour rappel ne veut rien dire d'autre, pou eux, que le « c'est normal »)
Ils sont passionnés, voire manipulés.
Je ne sais si tu me suis mais,
soit étant un peu pourri,
soit sachant que cet aspect est l'un des fondamentaux de l'EXHEMO et qu'il me faudrait des mois pour être en plénitude de précisions,
je ne peux approfondir cette lettre.
***
Mais Toi, qu'en penses-tu ?
Te sens-tu capable de vivre avec des personnes qui savent rien cacher ?
Es-tu capable de vivre comme quelqu'un qui ne sait rien cacher ?
Es-tu prêt pour l'EXHibitionnisme EMOtionnel ?
Moi j'ai besoin de toi,
besoin de partager tes rêves
de partager ton corps,
de partager tes idées.
Je voudrais entrer dans ton esprit,
je voudrais qu'on se réchauffe à la même flamme,
LA NÔTRE.
Ne rien cacher ne veut dire n'avoir pas de secret.
Du moins je le crois comme continuelle tentative de remise en question de l'autre et de ses propres sentiments.
Vivre dans l'insécurité d'oser affirmer sa singularité dans le dédoublement .
L'Amour est capable de toujours se renouveler,
parcourir la vie par le biais de journalière renaissance.
Je m'interdis d'imaginer accepter une vie de couple même après trente-cinq ans,
d'autres deux ou quatre,
pépère et habituelle.
Ce genre de sécurité a tendance à me végéter dans le marasme moribond de la débilité profonde.
Je pense ne pas être le seul,
mais un des rares,
à ne pas l'accepter,
du moins à apercevoir cette réalité
comme un système fermé.
J'aimerais,
et ne pourrai en avoir d'autre,
une réalité sinueuse et sinusoïdale
comme chemin à parcourir.
***
Je voudrais connaître tes phantasmes mais ne peux les entendre, ni te les demander.
J'espère simplement que tu me croiras capable de les assouvir si tu te jettes avec moi
dans ce gouffre béant.
FLORENCE, LE 11.04.06