La crème de la folie reflète les doutes incompris immanents et émanant de notre conscience la plus enfouie.
Sous les gouttes d’insolence que suinte notre léthargie,
nous retrouvons les mêmes particules
dont les pouilleuses rémanences de notre entendement
se voûtent à ne croire qu’au plus simple des délires.
Bien souvent nous n’avons plus peur de vivre
quand nous nous cachons derrière le cul de cette déesse
au sein rosâtre
qu’éclaircit à notre sain engouement
les pétales chérubins
de notre excroissance existentielle.
Nous avons besoin d’elle mais elle n’a certainement pas besoin de nous même si,
si nous n’étions pas là,
sûr qu’elle,
aussi,
serait déjà oubliée
et ne participerait plus à rejaillir les malformations de notre existence.
Au-delà de l’accalmie toute relative d’une foire en furie
pour notre honneur de sympathie,
nous aimons dévorer de vieux livres
que personne n’a lu.
Nous entendons les soupirs,
mêmes éphémères,
des douces accointances de la vie
Nous dictant,
Sans prière,
mais avec une dévotion chamanique,
les vers dont nous voulons
qu’ils nous enterrent.
SIL se sait tel poète
triturant la genèse
du bien pensant.
Rien n’a plus de sphère sacrée dans cette société,
tout est dépouillé,
tout est dans le pourrissement le plus complet,
alors,
La sainte grammaire,
SIL la triture allégrement
et n’ai cure de ses règles,
SIL y crie son déferlement.
Le journal d’un fou?
Oui peut-être!
Et pourquoi pas après tout!
SIL en est fier!!!!!
Vous auriez voulu le voir satisfaire votre ego dans vos structures mortifères !
Vous auriez voulu le voir embrasser une carrière dans votre société de grégaire,
et bien,
dans le cul le plus terreux qu’il y a sur terre,
vous pouvez vous enfoncez les doigts!
Jamais,
SIL préfère se taire et garder sa liberté
de parler
pour quand le jour du grand déballage sera arrimé
au temps présent
de l’instant.
Sachez que ce moment est proche
dans son infinie finitude
du chaque instant aléatoire compromettant le circuit de la pensée
bien pensante.
Bande de vauriens,
tenez-vous prêts,
chacun aura la chance
de déferler sur elle
leurs tonnes d’incommodités et,
attendant,
gardez vous bien des comme on dit thé,
car l’excitation sera trop vite passée.
À nous de faire que sa digestion soit et reste la propagande de l’éternelle diffusion.
***
Sans se permettre d’aller voir trop loin,
de l’autre côté de la porte par exemple,
SIL voudrait vous parler de sa faim,
cette fin dont SIL a feint d’avoir faim.
SIL voulut se couper la peau,
SIL rongea ses ongles
puis SIL enterra cette faim au fin fond de son infamie
sans lendemain.
Dans ce ravin,
SIL a déposé toutes ses engeances solitaires,
SIL les a apurées
de toutes les guirlandes unificatrices de ses pensées
désolidarisées
pour en déconstruire ses parcelles désœuvrées
dans une grande œuvre que seule sa témérité
lui a donné le droit d’explorer.
Et SIL en est revenu avec sa pierre de folie.
Portant à la besace les éclaires géniales de la fulgurance,
elle n’aura de cesse de le blesser jusqu’à la fin de sa désespérance
car ainsi,
SIL conçoit le poète vivant,
il parle mais il ne sait que dire.
Il se sent parler mais il est libre
et personne ne pourra l’obliger à dire
ce qu’il ne veut pas écrire.
Ainsi,
nous souffrons pour écrire
et nous écrivons pour dire
ce que nous ne savons penser
tout en pensant nos sentiments
en sentant nos émotions
qu’on panse avec les mots.
***
Le jour où vous vous croiserez poète,
surtout n’ayez pas peur,
cela peut arriver à tout le monde.
Vous n’êtes pas des pestiférés,
ni même des fous envenimés,
encore moins des écrivains de génies,
vous êtes ce que la vie vous demande d’être,
tout simplement ouvert à votre génie.
La sensibilité se noie sous des tonnes d’incombustibles
que l’on offre en pitance pour que vous n’ayez pas froid,
pas faim,
pas de fin.
Vous êtes devenus des produits consommables
mais vous n’êtes plus consumables,
vous n’avez plus d’énergie,
vous avez vendu votre âme au diable.
Il est bien dommage que la poésie n’a plus sur vous les érosions des désirs métaphysiques
des ses douces absolutions
de toutes ses néo-toniques jouissances de la bonhomie amicale du partage sans échange
dirigé et dicté
par des échelles de valeur dont vous n’avez même pas idée
n’avoir pas pieds.
Nous nous retrouveront sur cette terre
ou autre part
même si cette autre part n’existe pas
ou même s’il est dans le noir.
Croire sans s’en apercevoir c’est aussi vivre sans en mourir.
C’est régurgiter l’étoile
jusqu’à se faire vomir
pour suivre le chacal
qui s’en va frémir de plaisir
dans son antre, son empire.
Accouchons nos idéaux tôt ce matin sur la place de l’église.
Transformons le sanctuaire
en aire qui s’avise
d’édifier les surprises
dans la réalisation des désirs.
N’ayons pas peur des mots
et de la poésie,
Courrons à la peinture,
Osons la sculpture,
l’âme dans une photo,
son passé dans le projo
et le tout à son génie.
l’âme dans une photo,
son passé dans le projo
et le tout à son génie.
…Quand les hommes se découvrent
c’est tout l’univers qu’ils savourent…
ANS, "Appartement", décembre 2002