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ÊTRE, A ETE, EST

Se cacher derrière les catacombes
Être riche à se pourrir d’envie
S’acclamer derrière les tourbières immondes
Anonyme prisme des abîmes ensevelis.

Exister par une autre métamorphose
Oublier sa rengaine et toutes ses roses
Les pétales tombent dans l’osmose
Des illusions cachent des autres choses.

Se torturer par les fils invisibles,
Nylon écarlate du marionnettiste
Se noyer de notes risibles
Sous influence fantaisiste.

Se croire à l’infinitif
S’édulcorer du primitif
S’évaporer du vomitif
Se régurgiter l’additif
Telle est l’enseigne, le motif
Au coût prohibitif
Une lisière au goût du sensitif
Dans une absinthe où niche le fautif.

***


La mort est passée, on a cru aux alizées
Ils ont martelé la pensée, à l’instar des hommes pressés
Le sublime s’y est attardé, il n’a plus pensé à s’exciter
L’orage a déchiré, le ciel a temporisé…

Est venu le platane du repu, une bouteille à la mer sur le sable nu
S’est pendue l’oreille du déçu, un chevalet de peintre bu
Est souvenue l’âme du rebut, une plume à l’oseille de l’ardu
Est entendu l’œil tu, une paille de prépuce dru.

On oublie souvent le passé, recomposé dans les organes de l’avalé
La nuit il pousse cri vitriolé, baigné d’essence anesthésiée
Le jour il jouit d’un viol insoupçonné, terré de spasmes invertébrés
L’instant il trace aubade auréolée, ensoleillée d’amour armé.  

Se voir au passé composé
S’alimenter du périmé
S’étoiler au rédimé
Se proclamer délaissé
Telle est l’enseigne, le morcelé
Au coût ensorcelé
Une lisière au goût d’arriéré
Dans une absinthe où niche le désaxé.

***


Le moment est à l’instant, la marque dans le néant
L’horizon est à tout vent, la fuite dans le mécréant
La lumière est à l’avenant, le secret dans son étang
La joie est à l’étant, une forme d’être à son rang

Vient esprit frappeur du tourment, vision invisible du torrent
Prend forme primeur de l’aidant, seconde miroitée de l’achevant
Tient orgie clameur du plaignant, orifice obstrué du pédant
Rend coup douceur de l’enfant, offrande sanctifiée du présent

Le cadeau de la vie est présent, l’intuition de l’instant
La seconde est le moment, l’érosion de l’existant
Le fardeau est le puissant, l’imagerie du prétendant
Dans un nuage est le signifiant, la semence du cheminant

S’identifier au présent de l’instant 
Se sentir l’appelé de vie d’antan
Se tourner toujours vers son soi disant
S’émécher au fiel déridant
Telle est l’enseigne, le fou croyant
Au coût désenvoutant
Une lisière au goût mordant
Dans une absinthe ou niche le dernier élément.

« Bureau » Remicourt, 12h27, 28/03/2011

 

 

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