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Le soudoyement anorexique

Chère Petite Fée, j'ai une pensée pour toi.

À ce jour où tu passes la dernière soirée du reste de ta vie, je ne peux m'empêcher de croire que nous sommes toujours liés.

Je ne peux encore avec certitude délimiter les contrées qu'ensemble nous devrons et allons explorer.

Toutefois, cet Amour-Passion, poison destructeur qui nous unit, ne peut conduire qu'à une clairvoyante reconstruction.

 

Rappelle-toi comment, pourquoi et où, nous, nous sommes rencontrés.

De quel émoi cette rencontre nous a bouleversés, ou, en tout cas, a, et pour toujours, transformé ma vie.

Je m'entends encore, une semaine avant ton apparition, décrire le manque lymphatique, végétatif d'une présence féminine. Et hop,

d'un tour de baquette magique,

la P'tite fée pointait le bout de son nez.

 

Tu es la quintessence de la féminité,

malgré ce que tu crois,

malgré « ton problème »,

ta peau sur les os.

En toi et de Toi se dégagent à la fois

l'innocence, la fragilité et la virginité

mais également la force de la féline maternelle,

le caractère d'une guerrière et la sexualité monstrueuse.

(le 1er sens de monstrueux est « ce qui est montré »)

 

J'imagine et pense avoir conscience à quel point,

surtout chez toi où ces 2 aspects contradictoires sont « à fleur de peau »,

à peau d'âme,

il doit être difficile de rassembler ces incommensurables qualités dans une seule entité:

J'écrivais à la fin d'un texte plus ou moins ceci:

 

« J'ESSAYE DE M'ASSEMBLER

__ pauvre entité __

D'ASSEMBLER CE QUI EN MOI FAIT RÊVER

__ et l'oublier __ »

 

Rien n'est jamais acquis. Le contraire serait dramatique. Personnellement je hais la sécurité, elle ne représente à mes yeux que manipulation. Je crie « oui! » à la liberté et ne demande comme seule dépendance l'Amour-Amitié- (et dans mon K, l'Anarchie,

et ce n'est que ça,

l'Anarchie,

n'être dépendant que de ce qu'on aime.

« NE RIEN ATTENDRE DE PERSONNE MAIS RESTER OUVERT AU RECEVOIR. »

 

J'ai compris que c'était la seule et unique façon de DONNER.

 

Je t'aime comme un fou, comme un soudard... je ne pourrai jamais m'empêcher de t'aimer. Je le ressens au plus profond de mes entrailles, il y a quelque chose entre nous. Mais en même temps je suis sur la trace, le chemin d'une autre fille extraordinaire. Une petite Arlequine, une princesse par qui mon passé renaît de ses flammes pour enfin se libérer en cendres portées par le vent du recommencement,

de la renaissance.

Il me serait trop long, ici, maintenant, le temps nécessaire pour te narrer les accointances de son être, éléments, existence avec le mien, les miens, la mienne. Sache que je ne sais rien,

et que cela reste ma seule certitude.

Que l'important à mes yeux, à mon cœur, à ma queue, à mon esprit, c'est le rêve; rêver toujours, encore et encore.

Que cette importance est tellement haute que,

même si je tombe de ce rêve, ce ne sera pas tellement de haut,

juste assez pour recommencer à rêver et renaître au travers d'un autre rêve.

C'EST COMME LE SOLEIL AVEC LE JOUR

OU SI TU PRÉFÈRES

COMME LA LUNE AVEC LA NUIT.

 

La journée se termine. Il est déjà minuit. J'ai planté la tente d'O., je suis couché dedans, je t'écris. Je suis sur une aire d'autoroute à proximité de l'aéroport « Charles de Gaule ». c'est très bizarre comme impression de faire du stop: les gens ne te prennent aisément, et si je me retrouve à Paris, c'est grâce à un chauffeur routier, néerlandophone avec qui je n'ai pipé mot et qui avait l'air bien content q-de me laisser ici.

De toute façon un grand merci à lui.

 

PARIS, LE 04.04.2006

 

 

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