- Acclamer, comme pour se méprendre, les douces infamies d’une âme en errance ; organiser dans sa vie la transe, pour parcheminer en ouragan de tempérance, ses chances de renaître véhément ; pourlécher pour une nuit d’accalmie les babioles folles d’une journée, quand, l’égérie de son agonie baignait nue, inerte, dans son lit ; travailler jusqu’à l’indifférence de pauvres textes pétris de riches mots, dans un rythme cosmique où la trituration des abîmes respire, d’une lente extinction, son vomi ancestral sous le lustre étoilé de son enfance sur piédestal ; s’arc-bouter dans les baskettes d’une désirée, conifère en bouche qui se maltraite d’être consumé, comme si la retraite n’était point conférée aux êtres qui ne pensent pas être, comme tout le monde ; lécher sa souffrance, la remplir d’extase, une mouvance de danse s’installe dans le ventre et régurgite les tripes d’un avenant morbide dans les souvenirs dénués de vengeance ; s’arpenter la conscience, perdu sans crainte d’un labyrinthe, devenir son propre échassier et se nourrir de la nouvelle grandeur ainsi retrouvée dans l’élan de son inconscience à parler comme si depuis hier, il n’était plus muet ; telle sentence à mes pieds, foulant le pavé de mes rêves d’insoumis sorcier de mon imaginaire, m’accuse aujourd’hui, comme hier, et peut-être demain, d’avoir été sans jamais avoir eu le courage de l’être, et ce malgré moi… et ce… pour quoi faire ?
12 juillet 2014