Un mur en façade, blanc, un écran de fumée, noir, une petite hémorragie cérébrale, rouge, une fracture orbitale, bleu, un espace vert, vert, une trainée de poudre, grise, et puis tes yeux, ton iris feu et tes pupilles éteintes.... On avait beau se mouvoir dans l’élan de nos appétits, nous n’étions plus que des mouroirs pour tous les apprentis, des robots du désespoir dans notre rôle de petits encensoirs projetés à l’échancrure de nos doigts… Nos ongles perlaient du pu de leur fente vermoulue, et nous nous caressions, repus, d’avoir trop mangé, les dictons des avoués. De paroles et de silences, nous nous étions rassasiés, bien avant d’avoir baisé. Les frusques en pagaille déposées sur un sol sans légèreté, le souffle haletant psalmodiant l’apesanteur, nous faisions tout pour que cet instant ressemble à la fonte du beurre. Moi pèté, toi dans tes idées, nous étions l’un sur l’autre, mais aussi l’un dans l’autre, un autre que moi, une autre que toi, ce n’était point toi qui m’englobais, ce n’était point moi qui te pénétrais, j’étais pénétré par les vapeurs d’une autre quand toi tu te faisais englober par les attentes d’un autre. Ensemble nous étions amis, et c’est ce que, le lendemain, tu m’as dit.
25 JUIN 2014