Une propension aigüe à nous engueuler, comme une petite musique sur une portée de contrebasses qui baille à l’aurore d’une symphonie crépusculaire. Et plus je m’assèche à essayer de te parler, et plus je bois à l’orée d’un puits sans fond que je n’oublie pas. La chance de cette déveine est d’apprivoiser les tensions qui règnent à l’horizon de mes émotions. Je parsème le sang de mes veines et j’en récolte l’insipide vin qui m’affole dans les alvéoles de mes besoins. Et je n’ai besoin de rien. En écoutant le vent souffler au travers des orifices de ma tête, je chante plusieurs refrains, j’enchante mes couplets qui se repaissent des nourritures terrestres que je me bâtis afin d’atteindre un but. Un échafaudage de petits buts inscrits, même dans les moments des plus grands égarements, m’apporte même le plus petits des plus petits enseignements. Je ne suis pas ici pour rien. J’interagis dans différents univers, toujours le même j’avance dans une espèce de rivière parsemée de rizières où je me défends comme je l’entends, parfois c’est vrai, en attaquant. Parce que personne ne peut ne se sentir jamais attaqué, j’aime à m’entendre maugréer, quelque fois, quelques spasmes de mes enténébrés. Je provoque, disait un pote poète, à l’Amour et à l’Insurrection, et pourtant en notre ère, il n’y a d’affaire que dans le bien-être confortable de la communication psychologisante. Avant il existait une table que l’on nommait torture, aujourd’hui nous avons une autre table que l’on nomme confort. Néanmoins, le confort est fort con, Monsieur, la communication psychologisante amène à transformer l’homme grégaire capitaliste en mouton du Néolibéralisme. C’est toujours le loup qui a le droit de se travestir en mouton, rarement le mouton qui se donne le droit de se transformer en loup. Avant il fallait travailler et il ne le faisait pas assez, le mouton, maintenant que le mouton a lutté pour avoir le droit de moins en moins avoir besoin de travailler, il lui faut chercher du travail de plus en plus quand il y en a de moins en moins, et il ne le fait toujours pas assez… Faudrait qu’on m’explique pourquoi il ne faudrait pas recommencer à … Olà attention à ce que vous allez dire! Aujourd’hui on a la communication psychologisante, Monsieur, tout comme hier on avait la religion, vous savez, là, le truc, l’opium, qui vous dit comment, il faut se conduire, vous savez, cette irraisonnable raison qui vous pousse à restreindre vos instincts et à vous faire confortablement attablé à la baignoire de l’hygiénisme, mental, social et corporel… dictant toujours de nouvelles, lois, pour être des êtres fraternels… en société… dans notre société… Ah bon, dans ces conditions, moi, Monsieur, je préfère ma rivière et une propension aigüe à nous engueuler, elle et moi, contre la vôtre… (..."comme des chiens quand ils sentent la compagnie, ils posent leur os et se décolliérisent"...)