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D'AILLEURS, CET AILLEURS...

Comment s’apercevoir des immondes incartades Les pissenlits des chaumières Les tourbières des envies ? Comment défaire son lit Quand dans son lit on se sent tout petit ?

Et les strass et paroles s’envolent Derrière les goélettes du pourparler, On s’affole comme des timbrés à la queueleuleu À faire la queue dans un bureau de poste.

Les cris s’animent. On les entend percoler au devant d’une ambition ténue. Ils se sentent asphyxiés, ne reçoivent plus d’oxygène. Quelqu’un les a baignés dans une sirupeuse solution anxiogène.

Mais il n’y a plus de honte, y’a pas de gêne Chacun dans son tronçon, à l’abri dans son tronc À s’inventer ses propres écorces, rugueuses et sans anicroches, À s’inventer une musique, un sort triste Un triste sort pour s’abreuver d’abord à une source Sa propre source, Celle que l’on fait sienne, et rien qu’à soi Car on ne peut imaginer un autre, Voisin, ami, ennemi ou pas Partager le même jardin secret, Surtout s’il ne le connait pas.

 

Le connaissez-vous, vous d’abord ?

D’ailleurs ?

 

En vous, dans une petite valisette un cours d’eau Et une goutte de pluie qui s’étend dans un océan. Un os saillant pour les crocs des petits chien-chiens à mai-maître Aux mets qu’il nous donne pour nous rendre singulier L’esprit de liberté dans notre individualité !

Ne reste que la solitude, non pas celle des grégaires Emmitouflés dans leur savoir-faire, Leur petit bout de pré pour brouter dans leur enfer, celle du solitaire, Cet amant de la solitude qui meurt à petit feu En prenant conscience de l’être Ce petit feu d’un grand feu UNIQUE source A l’origine de toute satiété abreuvée par la conscience d’une dimension Commune,

 

Un chaos apprivoisé, Non par mai-maître aux mets sirupeux pour certains, Avariés pour d’autres, Mets à tout le moins forclos dans une tempête Qui se lèche le tréfonds tant elle est creuse…

Par MERITE ou DEMERITE…

 

Le MERITE,

Douce onction d’un relent sentimentaliste du religieux, Tentation de s’anoblir en s’individualisant autre, Permission abusive de la sainte rédemption à se croire supérieur Parce qu’on a réussi ce que mai-maître Trouvait juste et bon.

 

Et d’ailleurs,

Le connaissez-vous, vous d’abord…

Cet ailleurs qui nous rassemble ?

 

 

Cet ailleurs aux confins de toute identité De tout vocable aux mérites de distinction À l’élucubration des âneries proférées dans les salons, Où maintenant la télévision, Symbole d’un pouvoir d’extorsion, Pille ce qui reste d’âme à une humanité dévote Au pognon et à son auto-esclavage !

 

Et vous, le connaissez-vous, vous d’abord ?

D’ailleurs, cet ailleurs…

INNOMMABLE…

 

12/08/2014

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